Témoignages de parents


Accueil » Qu’est-ce que le chant prénatal ? » Témoignages de parents

Des femmes ayant utilisé leur voix à l’accouchement ont accepté de nous raconter leur histoire. Merci à elles.

Sans se prétendre des “modèles  à suivre”, elles témoignent simplement, par leur expérience,
qu’il y a mille façons de donner naissance… Et vous, quelle sera la vôtre ?

« J’ai fait du chant prénatal pour mes 2 grossesses. J’adore.
Ça aide beaucoup pour les douleurs des contractions, les sons (…) Ça les fait passer plus rapidement… Mon conjoint vibrait en décalé, parfois, donc les vibrations ne s’arrêtaient jamais, c’est englobant.
Et puis, être dans un cercle de femmes pendant les ateliers, c’est toujours enrichissant, surtout en étant enceinte.
Les papas étaient conviés quand ils pouvaient. On peut y aller après, avec le bébé, c’est sympa aussi de vibrer, chanter avec lui… »

Flo Ra

maman de Lena-Jane, née le 6 septembre 2018 à Arles

 « J’ai animé des ateliers de chant prénatal pendant toute ma grossesse avec beaucoup d’émotions. Les sons m’ont énormément aidé à supporter la douleur de l’accouchement (..) J’ai accompagné toutes mes contractions avec joie et voix.
Les chansons entonnées lors de la grossesse m’ont fait verser quelques larmes et permis de donner une autre dimension à cette relation qui déjà était nourrie au quotidien.
La vocalise Aloha est devenue le son de la tranquillité pour mon fils et moi, Je l’ai chanté tous les jours de ma grossesse et Léon se calmait instantanément à son écoute dès la naissance. »

Gaelle,

maman de Léon, né en 2017 à Lille.

« Spontanément j’ai chanté durant mes 2 derniers accouchements très fort et très faux, la même chanson en boucle (z’ont du apprécier, les voisins ! 😊 ) Ça m’aidait à entrer dans ma bulle….
Et à mon 3ème, alors que je soufflais comme un bœuf en appui avant sur un meuble, et que l’immense baignoire se remplissait, ma sage-femme a posé ses mains à quelques millimètres de mon dos (…), sans toucher, et a commencé à vocaliser des ohmmmm d’une voix très grave …
MAGIQUE ! La douleur a instantanément reflué pour ne laisser qu’une pulsation douloureuse presque insignifiante … (et j’ai été sciée qu’une toute petite bonne femme comme elle puisse sortir de tels sons !!!). »

Blandine,

sur la naissance de Brice, en 1998 à Sarlat.

« Pour mon troisième enfant j’ai décidé de chanter le merveilleux son OM pendant tout le travail. C’était très puissant pour moi, pour me calmer, agir sur la douleur, sentir la force de mon ventre, me laisser porter par des sons venant du plus profond de mon être, sur différentes gammes du plus haut au plus bas….  
Le personnel hospitalier a aussi apprécié apparemment (Ou alors ils n’ont pas osé me dire que j’étais vraiment trop chelou😂). »

Marion

« Pour cette nouvelle grossesse je voulais absolument me préparer. Au programme : haptonomie, piscine et chant prénatal que je voulais déjà faire 3 ans avant sans avoir oser m’inscrire. Je ne voulais pas rater ce rendez-vous d’amour !
Dès la première séance (vers 4 ou 5 mois), j’ai senti que c’était cette préparation qui me serait la plus utile. Les exercices de respiration, de travail sur le périnée, sur le ressenti corporel me parlaient énormément, je visualisais ce qui pouvait se passer dans mon corps, et comment je pourrai aider ma fille à descendre et sortir.
Par contre, j’avais beaucoup de difficultés à faire des sons, même seule chez moi, je me sentais ridicule, et je me disais que je verrai bien le jour J.
Et ce jour J est arrivé. Après 3 heures de contractions régulières toutes les 10 min, je suis allée à la maternité (à 30 min de chez moi), ne voulant pas trop attendre comme c’était mon deuxième enfant. Les contractions étaient douloureuses mais gérables. Je n’avais pas ressenti le besoin ni l’envie de faire des sons.
Arrivée là-bas, les contractions ont cessé, et mon col n’avait pas bougé. Je suis donc rentrée chez moi, déçue. J’ai dormi 2 heures, et j’ai été réveillée par une contraction. Je suis allée prendre un bain sans attendre, comme me l’avait conseillé le sage-femme le matin même. Il disait aussi qu’il valait mieux que les contractions soient plus rapprochées que 10 min.
Et dans le bain? j’ai commencé à faire des sons… au début timides, puis plus forts, puis très forts et intenses. J’ai changé de position, continué mes sons et la respiration abdominale entre chaque contraction. Je ne dirais pas que les sons calmaient la douleur, mais ils faisaient passer les contractions. Comme si le fait d’être concentrée sur ça faisait avancer le temps plus vite. Et physiquement, je ne me crispais pas même si j’avais mal. Je m’ouvrais, je mettais de la puissance dans mon corps, de l’énergie. Je frayais le chemin pour ma fille.
Au bout d’un moment, les sons n’étaient plus qu’un seul son, je m’arrêtais juste pour reprendre de la force. J’étais essoufflée, j’avais mal, je commençais à me dire que tout allait très vite, que jamais je ne pourrais monter dans une voiture et faire 30 min de route. J’étais tellement dans l’instinct, je ne pensais même plus, j’étais dans l’accouchement pleinement.
Quand l’ambulance est arrivée pour nous mener à la maternité, mes sons étaient très intenses, très forts, je n’écoutais personne, je ne répondais pas aux questions. J’étais à 4 pattes sur mon lit, en train de faire mes sons. L’inhibition qui m’empêchait de faire les vocalises pendant ma grossesse avait complètement disparu.
Puis j’ai eu envie d’aller aux toilettes. Et là, j’ai senti la tête de ma fille. Euphorie, bonheur, espoir, la fin de cette douleur allait être là, c’était la fin de tout et le début de ma nouvelle vie ! Je n’avais plus mal, je reprenais vie. Ce moment magique, où j’ai su qu’elle allait naître, que je n’avais qu’à la laisser passer, ce moment n’appartenait qu’à moi. Et avec douceur, je me suis ouverte juste un peu plus, et elle est née. Juste 2 heures après la première contraction.
Vers la fin de ma grossesse j’avais lu le livre « J’accouche bientôt et j’ai peur de la douleur » de Maitie Trelaun (sage-femme). Pendant tout le travail, j’ai beaucoup repensé à tous les témoignages d’accouchements, et aux conseils de cette sage-femme, aux différentes étapes qu’elle y décrit. Ce livre est indispensable, à mon avis.
Ce livre et le chant prénatal m’ont permis d’avoir l’accouchement dont je rêvais. Je suis certaine que sans le chant prénatal, il n’aurait pas été le même. Ça m’a vraiment aidée physiquement. J’ai pu le vivre pleinement. J’ai réellement mis au monde ma fille. J’ai eu beaucoup de chance d’avoir un accouchement rapide et aussi naturel.
Ma fille est toute zen. Très souvent je l’endors en lui chantant les chansons apprises durant les séances, et c’est miraculeux comme ça la calme ! (…)
Un grand merci à Emmanuelle pour sa grande écoute, ses conseils très précieux et personnalisés, pour l’espace qu’elle nous a laissé durant les séances, pour nos échanges d’expériences (…) J’ai réussi à panser mes blessures passées et je suis prête à remettre ça !
C’est sûr et certain que pour mon prochain accouchement j’utiliserai le chant prénatal. De toute façon, ça ne peut pas être autrement !

Fanny,

maman de Erine et Anaé

« (La veille …) Je sais que le travail a commencé. On peut entendre dans la maison cette petite chanson que l’on marmonne depuis quelques jours “Sache que“. On t’invite tous à venir nous rencontrer. (…)
(Le jour même…) Pendant les contractions (…), je suis dans mon corps, à imaginer cette vague qui m’emporte, à visualiser mon bassin qui s’ouvre. Je suis obligée de faire des sons. Un “mmmmmmm” bien grave, pas spécialement fort. Mais qui m’aide à me plonger à l’intérieur de moi, tout en continuant à faire des mouvements de balancier. (…) Une nouvelle contraction, je m’appuie au lavabo, repars dans mon son, me balance de droite à gauche. C’est fort, mais doux à la fois, je sens mon corps se laisser aller. J’ai toujours le sourire. (…)
J’entends parfois un bruit de fond, mais oui c’est bien de la musique, la play-list que j’ai sélectionnée. J’entends aussi la sage-femme et mon homme qui murmurent un peu, mais je repars vite dans mes pensées, l’eau qui est chaude contre moi, mon bassin qui s’ouvre et mon bébé qui sera bientôt là ! Un air me vient en tête entre les contractions “Sache que“. Ça me motive. Je me laisse totalement aller. (…).
Je me sens bien. Je commence à changer de son, mon “mmmm” passe à un “ooooo” bien grave et profond. Les contractions sont plus fortes. (…) Chaque moment de calme, je le prends et me ressource avec (…) Je sais que j’en ai encore pour un moment. (…) Je peux continuer mes “ooo” mon balancement, je re-rentre dans mon monde. Je sais que tout est géré autour de moi, je n’ai plus qu’à me concentrer sur ce petit être qui travaille très bien. (…)
Il m’arrive d’entendre que la sage-femme et mon homme m’aident pour les sons. Ils me guident quand parfois je me perds. Mon homme me dira plus tard que ça se sentait quand je me concentrais un peu moins et que du coup, ils faisaient le son pour me recaler. Ça a super bien marché, puisque qu’à chaque fois, je me suis remotivée. (…)
On me dira plus tard que j’ai dit pleins (de mots) à voix basse, que je marmonnais en fin de contraction. Répétant plusieurs fois la même chose. J’ai les yeux pratiquement tout le temps fermés… Je dis du charabia comme pour enlever toute cette douleur accumulée en quelques secondes. Une fois partie, je me repose et respire. (…)
(Plus tard…) Je veux accoucher, j’en ai marre, ça fait mal !!! (…) En gardant mon bassin ouvert, je pousse mon son au plus profond de mon corps. J’ai l’impression que je vais réveiller tout le village (mais on me dira que non, mon son était fort mais régulier et que c’est sur un “si” que je chantais mon “oooooo”) (…)
Maintenant j’ai besoin de pousser à chaque contraction pour me soulager et pour continuer d’ouvrir mon bassin. Je revérifie, je sens bien la tête, elle est presque là. Ça fait mal, mais c’est bientôt fini. Je m’accroche à mon homme, pense à ce bébé qui descend, pense à ouvrir mon bassin et de le laisser souple, je pense toujours à mon son (il ne m’aura pas lâché d’une contraction) il devient plus “ooo” mais “aaaaaa” … je pousse, il faut que je pousse ça soulage. Je me repose, respire pendant que je ne ressens plus ces douleurs. Je marmonne encore des choses pas très compréhensibles. Mais on s’en fout. ( …)
Il est 12h15. J’ai réussi, on a réussi. Mon bébé, notre bébé. Qu’elle est belle…»

Naissance de Sahana,

en 2012 à Auvers sur Oise (95)